Durant 7 semaines de formation, neuf jeunes femmes ont eu le privilège de suivre la 3e édition de la formation aux métiers de l’artisanat traditionnel dispensée par l’organisme de formation ACTIV’ RESULT.

Mise en place par le service de l’artisanat traditionnel et soutenue par le ministère en charge de l’artisanat depuis 2017, l’aboutissement de cette troisième formation leur permettra de se professionnaliser et de poser des bases solides pour l’entreprenariat. La pertinence de leur projet témoigne de leur engagement et de leur attachement pour cette activité.

C’est ainsi que ce lundi 28 octobre, elles ont reçue, de Mme Merehau Anastas, représentant le ministre de la culture et de l’environnement, en charge de l’artisanat, leur attestation de réussite marquant ainsi la fin de cette troisième édition.  

A cette occasion, les stagiaires, âgées de 25 à 44 ans, ont présenté leur projet commun basé sur le thème du « Mariage ». Durant 7 semaines, elles se sont partagé leur expérience et leur savoir-faire pour confectionner une tenue de mariée et ses accessoires en matières premières locales :

– la fibre de pandanus pour le tressage du diadème, la confection du buste doublée par du faraoti et la dentelle (hitihiti) ;

– la fibre de coco pour la confection des bijoux : bague et boucles d’oreille ;

– le kere ha’ari pour le panier de la mariée et son bouquet ;

– les coquillages, les graines et le ni’au blanc pour l’ornement du diadème et du bouquet ;

– la laine crochetée pour les lanières du panier ;

– le tifaifai pour la traîne de la mariée dont les couleurs ont été obtenues à partir de teintures naturelles locales.

Portraits de ces neuf artisanes :

  • Mme HAUATA Hinarapa, 25 ans, styliste couturière, a créé sa propre ligne de vêtement pour femme. Aujourd’hui, elle souhaite ouvrir une ligne de vêtement pour petit garçon ;
  • Mme HEITAA Rosemina, 36 ans, artisane dans la création de bijoux en fibre de coco tient son savoir-faire d’un artisan spécialisé dans ce domaine. Avec son frère, ils ont créer un produit naturel afin de rendre la fibre plus éclatante, proche de la couleur dorée.
  • Mme TAHUHUTERANI Purotu, 38 ans, vannière, est originaire des îles Australes. Elle tresse le pandanus pour en faire des sacs en pae’ore. Elle fabrique elle-même ses rouleaux de pandanus (depuis la cueillette jusqu’au produit fini) dont elle tire la matière première brute près de chez elle à Paea.
  • Mme TAKOKORE Sandrine, 39 ans, couturière et patentée depuis quelques mois, a décidé de se lancer dans le prêt à porter. Cette formation lui a permis de calculer son coût de revient, son temps et sa marge commerciale ;
  • Mme HIRIGA Eugénie, 37 ans, travaille les matières premières locales telles que le pandanus, le kere, les graines et les coquillages. Avec son mari, elle récupère beaucoup de matière pour en faire des miki miki (arbuste fait à base de bois et de coquillage). Elle souhaite promouvoir la culture polynésienne sur Papenoo et ainsi partager son savoir-faire ;
  • Mme TAUATERUATU Thérèse, 42 ans, crée toutes sortes de bijoux avec les coquillages des lagons. Avant la formation, elle ne savait pas parler anglais nécessaire dans un échange avec le client étranger. Aujourd’hui, elle affectionne cette langue ;
  • Mme TUPAHIROA Maui, 42 ans, voudrait se lancer dans la confection de Tifaifai. Un savoir qui lui a été transmis par sa maman et qu’elle aimerait partager ;
  • Mme TUUHIA Vahinerii, 30 ans, présidente de l’association « Taure’a Art » et couturière, souhaite proposer une ligne de vêtement pour femmes rondes ;
  • Mme TUMARAE Solange, 44 ans, peint sur des pareu et commence à pratiquer la vannerie. Elle souhaite alliée la vannerie et la couture. Avec l’aide de son mari, elle a pu créer un produit, qui est encore en phase de test, qui permet d’imperméabiliser ses sacs en pandanus et tissu peint.

Cette formation leur a permis de tisser des liens et d’apprendre à travailler ensemble. Il est important que la jeunesse polynésienne s’imprègne de son patrimoine culturel dans un monde où le savoir et savoir-faire traditionnel se perdent peu à peu.

La représentante du ministère en charge de l’artisanat a été fortement impressionné par les projets individuels et n’a pas manqué de donner des conseils avisés en marketing et en développement d‘activité.

La prochaine formation s’ouvrira en 2020.