Ce mardi 23 octobre 2018, dans les locaux de l’organisme de formation, 10 stagiaires ont reçu du Ministre de la culture et de l’environnement, en charge de l’artisanat, M. Heremoana Maamaatuaiahutapu, une attestation de formation aux métiers de l’artisanat traditionnel.

C’est avec le concours du service de l’artisanat traditionnel et de DOCEO formation que cette 2ème édition a pu se faire.

A cette occasion, les stagiaires, âgés entre 24 et 45 ans, ont présenté individuellement leurs projets professionnels et leurs produits, une façon de montrer leurs intérêts à tous pour le secteur de l’artisanat traditionnel et de les remercier d’avoir mis en place cette deuxième édition :

  • M. POHUE Christophe, 36 ans, de Punaauia, fabrique des more et des costumes traditionnels et compte développer à terme son activité sur le marché local et international. A l’occasion du Hura Tapairu, il a signé pour une commande de 250 more. En tant qu’ancien danseur, il connaît les désagréments auxquels ces artistes sont confrontés dans la pratique de leur art. Aussi, a-t-il créé, un produit qui imperméabilise le more et imaginé un rangement convertible portable qui permet de suspendre les costumes et servir de coin d’essayage pour le danseur ;
  • M. TEMAURI Teraimana, 24 ans, de Maiao, a pour projet professionnel de développer l’artisanat traditionnel à Maiao, notamment en tant que fournisseur de rau’oro et de pae’ore ;
  • Mme TAHAURI Herenui, 29 ans, de Pirae, travaille la nacre et la vannerie avec cette idée originale de boucles d’oreille en forme d’éventail, de panier,… Elle tient sa matière première, de Maupiti pour la nacre et du pandanus, de l’île de Tupuai. Elle souhaite vendre ses créations au niveau local puis à l’international ;
  • Mme YAO épouse PIZZO Maire, 45 ans, de Papara a pour projet d’ouvrir une boutique de couture d’ameublement qui allie vannerie et tissu. Sensible aux problèmes d’environnement, elle propose des sacs de course en tissu repliable dans un pochon en pae’ore ainsi que différents accessoires de beauté réutilisables ;
  • Mme DEGAGE Myranda, 39 ans, de Papeno’o, pratique la vannerie et confectionne des colliers de coquillages et souhaite se professionnaliser dans la fabrication de panier et sets de table en pae’ore, de collier en graines, etc. ;
  • Mme MAMAE épouse SIAO Lindsay, 31 ans, de Tautira, s’exerce à la vannerie et la couture et confectionne des parures en coquillages (couronnes de tête et colliers de départ). Elle voudrait ouvrir une boutique à Tautira afin d’y vendre ses Tifaifai, parures en coquillages, peue, chapeaux et paniers en pae’ore ;
  • Mme MOARII Marumaruatua, 36 ans, de Papeete, souhaite prendre la relève de ses parents qui possèdent un stand au marché de Papeete. Elle vend des bijoux traditionnels et fait des pareu peints à la main appelés pareu « soleil » ;
  • M. TAUREI Kenny, 26 ans, de Faa’a, pratique la sculpture et la gravure sur bois et pierre et souhaite créer son entreprise de gravure ;
  • Mme BOOSIE Vahinehau, 32 ans, de Papeete, ancienne élève du C.M.A., pratique la gravure sur nacre et a eu le privilège de suivre un stage aux ateliers Prokop. Elle est également costumière durant le Heiva i Tahiti ;
  • Mme RAOULX Leila, Patentée, 32 ans, de Papeete, ancienne élève du Centre des métiers d’art (C.M.A.) a ouvert une patente en bijouterie en début d’année et, grâce à cette session, s’est formée à la gestion de son entreprise. Elle crée des bijoux à base de perles et de nacres.

Ces derniers ont compris la finalité de cette formation, qui est la professionnalisation de leur activité.

A l’issue, ils partent avec cet objectif principal fixé par le gouvernement : de voir les artisans se professionnaliser. Il est important que la jeunesse polynésienne puisse s’imprégner de leur patrimoine culturel dans un monde où le savoir et savoir-faire traditionnel se perdent peu à peu.

Cette formation leur a permis de renforcer leur créativité et leur passion pour ce secteur mais aussi de développer leur ouverture d’esprit et créer une interaction de groupe.

Le ministre en charge de l’artisanat n’a pas manqué de remercier les stagiaires pour leur accueil et surtout pour leur enthousiasme dans le suivi de cette formation.

Il reconnaît que l’artisanat est une source de revenus pour de nombreuses familles polynésiennes et comme le Polynésien l’exprime si bien par « rima’i », ses mains sont remplies d’un véritable savoir-faire qu’il matérialise à travers ses créations artisanales.

Aujourd’hui, que la formation arrive à son terme, les uns et les autres ne sont qu’au début d’un long parcours où la persévérance sera la condition à la réussite professionnelle.

Ces sept semaines de formation leur ont permis de nouer des liens et de collaborer ensemble. Pour les futurs stagiaires, une prochaine session s’ouvrira en 2019.