Les métiers de l’artisanat

En Polynésie française, la plupart des métiers de l’artisanat reposent sur des savoirs traditionnels, avec pour base la préparation et le travail des matières premières locales.

Ils font appel tant à la maîtrise du geste et des techniques qu’au sens artistique de l’artisan.

Certaines pratiques ont d’ailleurs beaucoup évolué, d’autres se sont même invitées dans ce secteur d’une grande créativité, renouvelé en permanence au gré des tendances contemporaines.

Dans ces métiers très exigeants, souvent à la frontière de l’artisanat et de l’art, les artisans allient tradition et innovation, héritage et inspiration, technique et imagination, créant tour à tour des objets utilitaires, décoratifs ou artistiques.

Trait d’union entre le passé et le futur, l’esprit et la main, l’esthétique et la fonction, ces métiers sont un des socles fondamentaux du patrimoine polynésien tout en ouvrant des perspectives d’avenir sociales, économiques et culturelles essentielles.

Bijouterie traditionnelle :

La bijouterie polynésienne est particulièrement dynamique et créative.

Autrefois réservées à l’élite et particulièrement codifiées, les parures font désormais partie intégrantes des tenues polynésiennes.

Aux Marquises, l’os, le bois et les graines sont particulièrement travaillés en bijouterie gravés, sculptés, assemblés , le tout dans un style marquisien bien marqué.

Aux Tuamotu et aux Gambier, les parures renouvellent par la magie de la création les mille et une variétés de coquillages, les keishi et bien entendu la nacre et les perles.

Aux Australes, les artisans tressent de superbes parures à base de fibres naturelles, qu’ils rehaussent de coquillages ou de graines aux multiples couleurs.

Dans l’archipel de la Société, la bijouterie d’art est au premier plan, avec des créations issues de la richesse des ressources locales et du talent des artisans.

Costumes et parures traditionnels :

More, ceintures, tapea titi, coiffes, plastrons, couronnes : imaginer et créer des costumes et des parures traditionnels est une activité à part entière, nécessitant un savoir-faire précis allié à une grande connaissance de l’environnement et beaucoup de dextérité.

Éphémères ou durables, ces pièces utilisées lors des spectacles de danse sont réalisées à partir de matières locales, brutes ou travaillées (fleurs, feuilles, écorces, fibres, graines, coquillages, plumes, etc.).

Couture (broderie, crochet, tifaifai, patchwork) :

Introduites par les missionnaires il y a environ deux siècles, toutes les formes de couture en Polynésie sont depuis utilisées pour les besoins du quotidien (linges de maison, vêtements).

Cette pratique a également donné naissance à une expression artistique singulière : le tifaifai. Ces grandes pièces de tissu nécessitent plusieurs mois de travail : elles sont ornées de motifs cousus en patchwork ou en appliques et inspirés des formes naturelles et artistiques polynésiennes, se transformant en superbes couvertures, couvre-lits, objets d’apparat, de décoration ou célébration…

Décoration traditionnelle :

La décoration traditionnelle se décline à travers un large éventail d’objets : luminaires en bois flotté et tapa, pareu et tissu peints, peinture, art de la table, réalisation de petits objets en nacre, en os, en bois…

Ce secteur de l’artisanat est en pleine progression, apportant aux objets un accent polynésien esthétique et plein de fraîcheur.

Enfilage de fleurs ou coquillages :

Confectionner d’immenses couronnes de tiare tahiti ou de coquillages consiste bien en un métier.

Les artisans dont c’est la principale activité le font avec une aisance et une rapidité déconcertantes : il en faut de la technique et de la patience pour enfiler des milliers de fleurs ou du pupu !

D’autant que la demande en Polynésie est très importante, car les colliers de fleurs restent de rigueur dans de nombreuses occasions (fêtes, cérémonies, inaugurations, etc.), tandis que les couronnes de coquillages sont toujours offertes au moment des départs.

Graveur :

Le métier de graveur, très pratiqué en Polynésie, il est notamment enseigné au Centre des Métiers d’Art, est un travail délicat qui consiste à sculpter, en relief ou en creux et à différentes échelles, les motifs les plus divers sur des matières comme la nacre, la noix de coco, le bois, l’os et même les graines et les perles. 

Les outils utilisés sont le burin, la pointe sèche, le graveur ainsi que le pyrograveur.

Fabrication de matières premières locales et teinture traditionnelle :

Les matières premières étaient et restent les principales ressources pour la fabrication d’objets artisanaux en Polynésie.

Mais peu d’entre elles s’utilisent « brutes » et c’est tout un savoir-faire que de préparer fibres, tiges ou feuilles de pandanus (fara), cocotier (ni’au), bananier (mei’a), bambou (ofe), roseau (aeho), fougères (o’aha), chacune d’entre elles nécessitant une préparation particulière (coupe, lavage, séchage).

La teinture traditionnelle exige elle aussi une connaissance précise de la flore : à partir du re’a (safran), du i’ita (papayer) ou de la fleur de purau (hibiscus), les artisans teignent tapa, more, etc.

Instruments de musique traditionnels :

Tambours (pahu, to’ere, tari parau, fa’atete), ukulele, flûtes nasales (vivo) sont fabriqués de manière artisanale.

La qualité du son des instruments repose sur les matières utilisées ainsi que sur l’expérience technique et acoustique de l’artisan à leur donner la forme adéquate.

C’est un art de longue haleine dans lequel les spécialistes sont très recherchés !

Peausserie :

En Polynésie, les peaux d’animaux (chèvre, vache) sont préparées pour servir de membrane aux pahu, les tambours traditionnels, dont certains peuvent atteindre plus de deux mètres de hauteur et 30 cm de diamètre.

Poterie :

Il n’existe pas de tradition de la poterie en Polynésie, mais cette activité a trouvé sa place dans un artisanat de grande qualité.

Les objets sont revisités à la mode polynésienne : vase, art de la table, chaque pièce tournée et gravée à la main est une création artistique originale.

Sculpteur :

Ancrée dans la tradition, la sculpture polynésienne s’affirme dans une grande diversité de production au travers de laquelle la richesse de motifs et des symboles d’antan est perpétuée.

Tiki, ti’i, herminettes, casse-tête, lances ou umete sont réalisés dans toutes sortes de matières (bois, pierre et os).

Les formes tout comme les motifs se distinguent d’un archipel à un autre : symboles stylisés aux Marquises, motifs géométriques aux Australes…

Les herminettes d’autrefois ont été remplacées par des ciseaux, des limes, de scies et parfois même des tronçonneuses.

De plus en plus, les sculpteurs s’ouvrent à de nouveaux champs de création en réalisant des pièces monumentales alliant modernité et tradition : piliers d’habitation, meubles, fresques, etc.

Tapa :

Fabriquer du tapa est une activité complexe et exigeante, qui perdure essentiellement aux Marquises et plus particulièrement à Fatu Hiva.

A partir des branches d’arbres comme le mûrier, le uru ou le banian, on gratte l’écorce avant de la battre pendant plusieurs heures avec un maillet, jusqu’à ce qu’elle devienne souple.

Elle est ensuite nettoyée, essorée puis séchée avant d’être teintée et décorée.

Produits d’un savoir-faire ancestral exclusivement féminin, les tapa étaient des « enveloppes » sacrées (masques, pareu, ceintures, étoles, coiffe, linceuls ou couvertures).

Aujourd’hui, on utilise les tapa pour la confection de chapeaux, sacs à main et surtout pour la réalisation de panneaux où sont peints des motifs de tatouage marquisiens.

Tressage - vannerie :

En Polynésie, le tressage et la vannerie représentent un art vivant incroyablement abouti, aussi bien dans l’utilisation des matières premières (fibres, tiges ou feuilles) que des différentes techniques que les artisans perpétuent.

Aujourd’hui, le tressage est toujours utilisé de manière traditionnelle dans certaines îles pour la confection de paniers, filets de pêche ou pirogues…

Mais il est surtout devenu une formidable vitrine culturelle se matérialisant à travers une diversité de paniers, chapeaux, éventails ainsi que des dizaines d’accessoires (portefeuilles, sets de table, etc.) rivalisant de finesse et d’originalité.